RÉSERVES DE SUBSTITUTION

POURQUOI CONSTRUIRE DES BASSINES ?

Réserves de substitution sur le bassin de la Sèvre niortaise et du marais poitevin

  Participer à l’enquête publique…

Réponse officielle : pour protéger nos rivières et éviter les assecs en été.

En réalité parce que la réglementation nous obligera en 2021 à prélever significativement moins d’eau dans le milieu en été. C’est donc la solution qu’ont trouvée les irrigants pour continuer à utiliser autant d’eau, sinon plus qu’avant. Certes l’effet sur le milieu devrait être « moins pire » que les prélèvements en période sèche : c’est possible en tous cas sur le bassin du Mignon, douteux sur le bassin de la Sèvre amont, d’après les travaux de modélisation réalisés.

Pour en revenir à notre question, pourquoi irriguer autant ? Pour produire plus ? Même si les lobbys agricoles prétendent que l’agriculture moderne est la seule permettant de « nourrir le monde », la contribution française à ce beau projet est insignifiante (d’ailleurs, on nourrit plus le bétail étranger que les humains) et on sait que diminuer le gaspillage alimentaire (actuellement plus de 30 % en moyenne) serait bien plus efficace que d’augmenter notre production.

De plus, l’eau étant un facteur limitant dans notre région pour la productivité, en apporter plus signifie viser des plus forts rendement et donc augmenter les quantités d’engrais et de pesticides épandus. Avec pour conséquence une plus forte pollution de l’eau.

A QUI SONT-ELLES DESTINÉES ?

A des associations d’irrigants. En obligeant tous les irrigants à adhérer à une « Société Coopérative Anonyme de l’eau », y compris ceux qui ne seront pas raccordés aux bassines, cela permet d’afficher 316 bénéficiaires. C’est moins choquant que certains projets précédents où une bassine pouvait bénéficier à quelques agriculteurs seulement. Il n’en reste pas moins que ce projet oublie la majorité des agriculteurs qui ne sont pas irrigants (plus de 80% de la surface agricole). Tel qu’il est actuellement conçu, il introduit de plus une inéquité entre les irrigants sur retenues et les irrigants sur milieu. En effet, en cas d’été très sec, si des arrêtés interdisent de pomper sur le milieu, comment vont réagir les irrigants concernés alors que leurs collègues raccordés aux bassines continueront d’irriguer ? Ce point de gestion est peu élaboré dans le document et laisse craindre des difficultés pour faire respecter les arrêtés ainsi que des tensions entre les agriculteurs.

COMMENT SERONT-ELLES FINANCÉES ?

En majorité par de l’argent public. Malheureusement, le citoyen ne pourra pas compter sur un retour sur investissement. Par exemple, l’eau pourrait être donnée en priorité aux. projets agricoles les plus respectueux de l’environnement. Au contraire, le fait de sécuriser l’eau va probablement inciter les agriculteurs à faire des cultures sous contrats (maïs semence et aures cultures semencières, haricots et autres cultures légumières de plein champ sous « contrats agroindustriels », …) qui sont gourmandes en intrants et donc polluantes. Au lieu de privilégier des cultures moins avides d’eau pour se préparer l’avenir, on continue à faire exactement l’opposé. Que fera-t-on dans le prochain siècle de ces installations quand les précipitations d’hiver ne suffiront plus à remplir ces bassines ??? Les modèles climatiques montrent que la sécheresse s’installera durablement dans nos régions.

Un projet mieux équilibré aurait pu réserver une partie de cet argent pour aider tous les agriculteurs, par exemple en les accompagnant vers l’agroécologie, ou pour mettre en place des dispositifs pour favoriser la recharge naturelle des nappes phréatiques, par exemple des plantations de haies ou des restaurations de zones humides.

Enfin, vu l’importance de l’investissement (qui oblige les agriculteurs à s’engager pour 20 ans) on fige un type d’agriculture dont on commence pourtant à voir les limites.

La bonne question à se poser serait : « quel type d’agriculture pour demain pourrait permettre des rendements suffisants tout en respectant le milieu à un coût raisonnable »

Au lieu de cela, la question à laquelle répondent les bassines est : « comment faire perdurer un système dont le fonctionnement coûte de plus en plus cher aux citoyens tout en allant dans le mur ? »